Le françoys, le français et la francophonie : évolutions et tendances

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Pointant au cinquième rang des langues les plus parlées de la planète, le français est présent sur les cinq continents. Forgée par ses racines comme par ses nombreuses ramifications, cette langue métissée et internationale est promise à un bel avenir. D’ici 2050, elle pourrait même être la plus parlée au monde, selon l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Le françoys, le français et la francophonie : évolutions et tendances

Rappelons que le français est la langue de communication la plus largement apprise, après l’anglais, par plus de 50 millions de personnes. Elle compte désormais 300 millions de locuteurs sur la planète et enregistre une progression de 10 % par rapport à l’année 2014.

Acte de naissance de notre langue

Lorsque François Ier impose l’usage administratif du français au XVIe siècle1 , la langue est alors principalement utilisée par les juristes, les aristocrates et les bourgeois. À cette époque, comme l’observe Alain Rey, « le français est un créole du latin », langue morte revendiquée par l’Église et l’Université. Pas encore normé, le « françoys » varie alors au gré de la géographie et des milieux sociaux, jusqu’à ce que Du Bellay, Ronsard, Rabelais et Montaigne se l’approprient et l’imposent dans le domaine de la littérature. Une vingtaine d’années vont suffire à inverser la tendance et à faire en sorte que le français supplante le latin dans les livres, comme dans les usages.

Le français, une langue en mouvement

En poursuivant son voyage avec succès à travers les XVIIe et le XVIIIe siècles, la langue se joue des frontières. Auprès de locuteurs, tantôt convaincus par la philanthropie des Lumières et tantôt contraints par les armes, elle essaime au fil du temps, des colonies et des continents, s’enrichissant au passage de normes linguistiques différentes. Forte de ses nouvelles spécificités culturelles et géographiques, elle repousse peu à peu ses limites pour donner naissance, au XIXe siècle, à un « dispositif institutionnel organisant les relations entre les pays francophones », nommé Francophonie. Bénéficiant de trouvailles linguistiques venues de l’autre côté du globe, le français de métropole n’est alors plus seul aux commandes de la langue. Il coexiste avec une foule d’expressions et de mots venus d’ailleurs pour enrichir un vocabulaire commun que chaque foyer linguistique a fini par s’approprier.

La francophonie : telle une joyeuse « cousinade »

Grâce à cette ouverture au monde, le français se porte aujourd’hui comme un charme. Il doit une large part de sa vivacité à la démographie croissante de l’Afrique (où vivent 59 % de ses locuteurs) et au dynamisme de ses nombreux foyers linguistiques implantés au Québec, au cœur du Pacifique sud, sur les îles francophones des Caraïbes ou bien celles de l’Océan indien. Si le français s’exporte bien, par l’intermédiaire d’internet, RFI, France 24 et TV5 Monde notamment, il reste cependant le vecteur de langages parlés localement, propres à chaque zone de la francophonie. Interrogée le 20 mars dernier sur RFI à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’OIF, affirmait ceci : « La langue française fait partie de nous, nous l’avons adoptée, nous l’avons acceptée ».

Le français, une langue aux contributions festives

Notre langue nomade, qui s’est implantée, adaptée et développée en dehors des frontières hexagonales, vit et évolue au travers d’événements tels que La journée internationale de la Francophonie organisée par l’OIF, mais aussi grâce à La francofête au Québec, La langue française en fête en Belgique ou encore Voix de fête en Suisse. Ce festival, qui a mis en avant les musiques francophones actuelles en mars dernier, fait écho à Rapophonie, un rendez-vous radiophonique hebdomadaire initié en janvier 2019 et mixé par quatre médias francophones : Ici Musique (Radio-Canada), Mouv’ (Radio-France), Couleur 3 (Radio-Télévision-Suisse) et Tarmac (Radio-Télévision-Belge-Francophone). Cercle hip-hop réservé à tous ceux qui rappent en français, Rapophonie pourrait prochainement s’ouvrir aux artistes tunisiens, marocains ou sénégalais.

Le français, grâce au passeport international que lui délivre chaque jour la francophonie, est devenu une langue réellement métissée et plus vivante que jamais.

Quelques expressions que nous devons à la francophonie

Au Sénégal, les routes défoncées sont des « tablettes de chocolat » et pour prendre congé de ses hôtes au Mali, on leur « demande la route ». Au Tchad, on dit de quelqu’un qui broie du noir, qu’il « a des pensées » et quand on fait la fête : « on noce ». La Belgique et la Suisse, qui ont déjà délaissé le système vicésimal des nombres soixante-dix, quatre-vingts et quatre-vingt-dix au profit des formes simplifiées « septante, octante (ou huitante) et nonante », ont aussi apporté au français leurs « brette » (dispute), « dringuelle » (argent de poche) et autre « bancomat » (distributeur automatique de billets). Et le Québec n’est pas en reste, puisque là-bas, un « badlucké » (ou malchanceux) a pour habitude de « manger ses bas » quand il a de gros problèmes. Retrouvez d’autres exemples dans Le Petit Robert de la langue française.

- Références

1 par l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui instaure le français comme langue officielle du droit.

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