Petite histoire des formules de politesse

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De « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée » à « Bien cordialement », les formules de politesse ont évolué avec le temps et la technologie. Même si nous ne trempons plus la plume dans l’encre, réfléchissons au sens des mots que nous employons, au registre de la langue, ainsi qu’à la manière dont le lecteur interprète ces salutations plus ou moins distinguées.

Petite histoire des formules de politesse

Désormais, pour échapper à l’échange de formules ampoulées, il est permis de souhaiter une « Bonne journée » à celle ou à celui qui a eu la gentillesse de nous lire jusqu’au bout. Nous sommes autorisés à terminer nos messages sur le ton de la conversation, en toute convivialité, par « Bon week-end ! » ou son équivalent du quotidien « À bientôt ! ».

Le code a changé

La politesse de conversation a son équivalent épistolaire depuis la nuit des temps. Mais voici venu celui des échanges numériques, immédiats et simplifiés, où les habitudes trempées dans l’encre ont fini par se faire plus légères. Perçue comme un rituel ou un usage, la politesse est restée, mais les formulations ont évolué. À l’écrit, on ne présente plus ses hommages ni ses respects, mais on fait cliqueter la souris de l’ordinateur ou nos doigts sur le clavier du smartphone pour dire poliment « Au-revoir et merci ». On peut aussi charger l’interlocuteur de remplir sa part du contrat en lui demandant « d’agréer nos salutations distinguées ». Mais, le plus souvent, on choisit une formule passe-partout, sans imaginer à quel point elle nous engage vis-à-vis de notre destinataire, ni qu’elle nous soumet à lui.

50 nuances de familiarité

Les formules de politesse trahissent notre pensée et l’idée que nous nous faisons de la nature des relations que nous entretenons avec les destinataires de nos courriers électroniques. Nous pensons ainsi que terminer un e-mail par « cordialement » nous permet de garder nos distances et qu’il nous suffit d’écrire « bien cordialement » pour manifester davantage de respect en fin de message. Mais l’usage de cet adverbe n’est pas anodin. Sa racine latine cor prouve que le sentiment exprimé vient du cœur, même si la formule est aujourd’hui plutôt neutre. Inspiré des correspondances des XVIIIe et XIXe siècles, « bien à vous » semble être plus recherché. Cette formule édulcorée (encore trop sucrée) classe pourtant son auteur au rang de dévoué serviteur.

Originalement vôtre

Les plus inventifs d’entre nous ne se contentent pas de ces banalités. Les missives de notre professeur de dessin échouent dans nos boites de réception flanquées de la formule « artistiquement vôtre », les newsletters de notre salle obscure préférée s’achèvent par les « amitiés cinématographiques » de l’équipe de bénévoles, tandis que le professeur de yoga glisse en fin de message un « Namaste » numérique un peu dénaturé, mais moins distant et moins passe-partout que d’antiques salutations distinguées. Ciao, Adios ou Cheers, sortis tout droit du Robert & Collins, sont aussi les bienvenus lorsque le message est échangé entre amis.

Pire qu’une formule de politesse à l’originalité stigmatisante, trop banale, un peu familière ou passe-partout, il y a la formule de politesse maladroitement orthographiée. Au moment d’envoyer votre message, vérifiez l’orthographe des mots dont vous n’êtes pas sûr dans Le Petit Robert et Le Grand Robert et souvenez-vous que la dernière impression que vous ferez est aussi importante que la première.

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